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CJUE : le droit aux congés payés est transmissible par succession

Par un arrêt récent, la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) modifie la jurisprudence antérieure en jugeant que le droit aux congés payés d'un salarié décédé peut être transmis à ses héritiers. Lorsqu'un salarié n'a pas pu prendre ses congés et décède, ses

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Par un arrêt récent, la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) modifie la jurisprudence antérieure en jugeant que le droit aux congés payés d'un salarié décédé peut être transmis à ses héritiers.

Testament : le droit aux congés payés est transmissible par succession

© Jeanette Dietl / Fotolia.com

Si un salarié n'a pas pu prendre ses congés et décède, ses proches ont droit à une indemnité compensatrice, selon les juges européens. Jusqu'à présent, la situation en Allemagne était claire : celui qui n'est plus en vie n'a pas besoin de congés. Le repos n'est alors plus un sujet. Encore en 2011, la Cour fédérale du travail (Bundesarbeitsgericht) avait statué selon ce principe. La CJUE de Luxembourg vient toutefois de rejeter cette approche juridique et a rendu un nouvel arrêt de principe. Un salarié employé depuis 1998 chez un commerçant alimentaire westphalien est tombé gravement malade en 2009 et n'a en conséquence pu prendre que peu de congés. Il est décédé en 2010 et, à cette date, avait accumulé un droit à 146 jours de congés. Son épouse, désignée comme légataire universelle, a alors réclamé à l'employeur un montant de 14 600 € au titre des congés que son défunt mari n'avait pas pu prendre. Les juridictions du travail se sont fondées sur la jurisprudence jusqu'alors applicable de la Cour fédérale du travail, selon laquelle tous les droits à congés s'éteignent avec le décès du salarié. La requérante a toutefois invoqué une directive européenne relative au temps de travail, selon laquelle il peut être possible, dans certaines circonstances, de transmettre par succession une indemnité financière. Les juges de l'UE ont suivi cette argumentation. Selon eux, les législations ou pratiques nationales selon lesquelles le droit aux congés s'éteint en cas de décès du salarié sont incompatibles avec le droit de l'Union. Les juges ont en outre constaté que l'indemnité financière n'est pas subordonnée à la condition que l'intéressé ait préalablement formé une demande en ce sens.

Questions fréquentes

Questions fréquentes

  • Le droit aux congés d'un salarié décédé est-il transmissible aux héritiers ?

    Oui. Selon l'arrêt de la Cour de justice de l'Union européenne, le droit aux congés ne s'éteint pas au décès du salarié, mais peut être invoqué par les héritiers sous la forme d'une indemnité financière. La CJUE a ainsi écarté la jurisprudence allemande antérieure, selon laquelle tous les droits aux congés disparaissaient avec le décès.

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  • Les héritiers doivent-ils prouver que le défunt avait préalablement demandé l'indemnité compensatrice de congés payés ?

    Non. La CJUE a expressément précisé que l'indemnité financière ne dépend pas de la question de savoir si le salarié décédé avait préalablement présenté une demande de congé ou d'indemnisation. Le droit existe indépendamment de toute demande.

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  • Quelle était la situation juridique en Allemagne concernant la transmissibilité des droits à congés avant l'arrêt de la CJUE ?

    Le Bundesarbeitsgericht (Cour fédérale du travail allemande) avait encore jugé en 2011 que tous les droits à congés s'éteignaient au décès du salarié, au motif que la finalité de repos ne pouvait plus être atteinte. Une indemnisation au profit des héritiers était dès lors exclue. Cette position n'est plus tenable depuis l'arrêt de la CJUE.

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  • Sur quelle base juridique la CJUE fonde-t-elle la transmissibilité du droit aux congés ?

    La CJUE s'appuie sur la directive européenne sur le temps de travail, qui prévoit, sous certaines conditions, une indemnisation financière des congés non pris. Les réglementations ou pratiques nationales selon lesquelles le droit aux congés s'éteint sans compensation au décès du salarié sont incompatibles avec le droit de l'UE.

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  • Quelle est la portée pratique de cet arrêt pour les employeurs ?

    Les employeurs doivent s'attendre à ce que les héritiers de salariés décédés puissent réclamer une indemnité financière pour les congés non pris. Les droits à congés accumulés, notamment en cas de longue maladie, peuvent entraîner des obligations de paiement considérables, comme dans l'affaire jugée où 146 jours de congés étaient en jeu pour un montant réclamé de 14 600 euros.

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