Savoir

Durcissement de la déclaration spontanée libératoire prévu pour janvier 2015.

Depuis de nombreux mois, la déclaration spontanée libératoire fait l'objet d'une large couverture médiatique. Plusieurs affaires de fraude fiscale très médiatisées ont également suscité un vif intérêt pour cet instrument. Pour le fisc

4 min de lecture

Depuis de nombreux mois, la déclaration spontanée libératoire fait l'objet d'une large couverture médiatique. Plusieurs affaires de fraude fiscale très médiatisées ont également suscité un vif intérêt pour cet instrument. Pour le fisc, la fraude fiscale n'a jamais été un délit anodin et la jurisprudence a, depuis de nombreuses années, contribué à ce qu'elle soit lourdement sanctionnée, ce qui a conféré à la déclaration spontanée libératoire une importance croissante. La déclaration spontanée prévue au § 371 de l'Abgabenordnung (AO) constitue, en droit allemand, une possibilité unique d'échapper à toute sanction malgré une fraude fiscale consommée. De nombreux points doivent toutefois être respectés, pour lesquels nous nous tenons naturellement à votre disposition.

Durcissement de la déclaration spontanée libératoire

© froodmat / photocase.de

Lors de leur conférence annuelle tenue à Stralsund le 09/05/2014, les ministres des Finances des Länder ont arrêté plusieurs points clés en vue d'un durcissement de la déclaration spontanée. La suppression de la déclaration spontanée semble écartée, de sorte que celle-ci est maintenue dans son principe. Allongement de l'obligation de rectification. Jusqu'à présent, l'obligation de rectification, c'est-à-dire la période pour laquelle les impôts devaient faire l'objet d'une déclaration rectificative, ne portait que sur 5 ans dans un cas simple de fraude fiscale. Ce n'est qu'à partir d'un volume de fraude de 50 000,00 €, soit un cas particulièrement grave de fraude fiscale, qu'une période de 10 ans devait être couverte par la déclaration spontanée. Selon les intentions des ministres des Finances, ce régime doit être uniformisé, de sorte que dans tous les cas de fraude fiscale, le délai de prescription pénale soit porté à 10 ans. Le contribuable qui souhaite « repartir sur des bases saines » par le biais d'une déclaration spontanée devra donc régulariser les impôts dus pour les 10 années écoulées et acquitter, pour cette période, les impôts éludés. Majoration pénale. Selon la réglementation légale antérieure, une majoration pénale de 5 % du montant éludé était due par le contribuable à partir d'un volume de fraude de 50 000,00 €. Cette majoration s'ajoutait à l'intérêt ordinaire de 6 % par an. Les ministres des Finances se sont désormais accordés sur le fait qu'à l'avenir, seule une somme éludée allant jusqu'à 25 000,00 € sera exonérée de majoration. À partir de 25 000,00 €, la majoration sera nettement relevée. Elle est échelonnée comme suit : montant éludé compris entre 25 000,00 € et 100 000,00 € : 10 % de majoration ; montant éludé compris entre 100 000,00 € et 1 M€ : 15 % de majoration ; montant éludé supérieur à 1 M€ : 20 % de majoration.

Johannes Rudolph, LL.M., Rechtsanwalt (avocat inscrit au barreau en Allemagne), Fachanwalt (avocat spécialiste en Allemagne) en droit fiscal, Fachanwalt en droit commercial et des sociétés

Se penche pour vous sur le durcissement de la déclaration spontanée libératoire : Johannes Rudolph, LL.M., Rechtsanwalt, Fachanwalt en droit fiscal, Fachanwalt en droit commercial et des sociétés © Steffen & Partner Gruppe

Clarification des motifs d'exclusion. Selon la réglementation légale antérieure, il existait déjà des motifs d'exclusion empêchant le recours à une déclaration spontanée libératoire. Ainsi, lorsqu'avant la rectification, le complément ou le rattrapage des éléments fiscaux

  • un avis de vérification avait été notifié, ou
  • l'ouverture d'une procédure pénale ou contraventionnelle avait été notifiée à l'auteur, ou
  • un agent de l'administration fiscale s'était présenté pour un contrôle fiscal, pour l'établissement d'une infraction fiscale ou d'une contravention, ou
  • l'une des infractions fiscales avait, au moment de la rectification, du complément ou du rattrapage, déjà été en tout ou partie découverte et que l'auteur en avait connaissance ou devait s'y attendre,

le dépôt d'une déclaration spontanée libératoire n'était plus possible. Il doit désormais être précisé que le contrôle inopiné en matière de TVA ou de retenue à la source sur les salaires (Umsatzsteuer- ou Lohnsteuer-Nachschau) produit également un tel effet de blocage. Revenus de capitaux étrangers. La conférence des ministres des Finances a en outre suggéré d'introduire, en conformité avec le droit européen, une suspension du point de départ du délai en matière fiscale pour les revenus de capitaux étrangers, suspension qui devrait toutefois être limitée dans le temps. La mise en œuvre juridique concrète ne sera arrêtée qu'au cours de la procédure législative, de sorte qu'aucun détail supplémentaire n'est connu à ce jour. En définitive, cela signifierait en tout état de cause que les impôts sur des revenus (de capitaux) étrangers non déclarés ne seraient, en raison de la suspension envisagée, dans un premier temps pas prescrits. Conclusion. Pour revenir au titre de cet article, il convient de retenir que les règles relatives à la déclaration spontanée libératoire vont être nettement durcies. Il y a lieu de supposer qu'un projet de loi sera prochainement élaboré, le ministre fédéral des Finances soutenant les points clés de ce durcissement. Selon les plans des ministres des Finances, la loi devrait entrer en vigueur dès le 01/01/2015.

Questions fréquentes

Questions fréquentes

  • Quelle est la durée de la période de régularisation en cas de déclaration spontanée après le durcissement prévu ?

    Jusqu'à présent, en cas de simple fraude fiscale, le contribuable ne devait régulariser que 5 années ; seuls les cas particulièrement graves à partir de 50 000 euros relevaient d'une période de 10 ans. Selon la nouvelle réglementation envisagée, l'obligation de régularisation sera uniformément étendue à 10 ans dans tous les cas. Le contribuable devra ainsi déclarer et acquitter rétroactivement les impôts dus pour les 10 dernières années.

    Lien permanent vers la question

  • Quel est le montant de la majoration pénale en cas de déclaration spontanée régularisatrice selon la nouvelle réglementation ?

    Jusqu'à un montant éludé de 25 000 euros, aucune majoration pénale n'est due. Au-delà, un barème progressif s'applique : 10 % de 25 000 à 100 000 euros, 15 % de plus de 100 000 à 1 million d'euros et 20 % à partir d'1 million d'euros. Auparavant, une majoration unique de 5 % ne s'appliquait qu'à partir de 50 000 euros, en sus des intérêts de 6 % par an.

    Lien permanent vers la question

  • Quels motifs d'exclusion empêchent une déclaration spontanée libératoire de sanctions ?

    Une déclaration spontanée n'est plus possible lorsqu'un avis de contrôle a été notifié, lorsque l'auteur a été informé de l'ouverture d'une procédure pénale ou d'une procédure d'amende, lorsqu'un agent de l'administration s'est présenté pour un contrôle fiscal, ou lorsque l'infraction était déjà découverte en tout ou en partie et que l'auteur le savait ou devait s'y attendre. Il est désormais précisé que les inspections inopinées en matière de TVA et d'impôt sur les salaires (Umsatzsteuer- und Lohnsteuer-Nachschau) déclenchent également un tel effet bloquant.

    Lien permanent vers la question

  • Que prévoit-on concernant les revenus de capitaux étrangers dans le cadre de la déclaration spontanée rectificative ?

    La conférence des ministres des Finances a proposé d'introduire une suspension temporaire du délai de prescription fiscale, conforme au droit européen, pour les revenus de capitaux étrangers. Les impôts sur les revenus étrangers non déclarés ne seraient ainsi pas prescrits dans un premier temps. Les modalités concrètes seront déterminées au cours de la procédure législative.

    Lien permanent vers la question

  • Sur quelle base juridique repose la déclaration spontanée libératoire de peine ?

    La déclaration spontanée libératoire de peine est régie par le § 371 AO (Abgabenordnung, code fiscal allemand). Il s'agit d'une possibilité unique en droit allemand d'obtenir l'exonération de peine malgré une fraude fiscale déjà consommée. Elle suppose la déclaration intégrale et rectificative des impôts éludés ainsi que le paiement des sommes dues, majorées des intérêts et, le cas échéant, des majorations pénales.

    Lien permanent vers la question

Retour à la vue d'ensemble