
53 jours de travail acharné – récompensés par la somme record de 25,6 millions d'euros pour la victoire en Coupe du monde… et qu'en est-il de la fiscalité ? 2014 : la DFB (= Deutscher Fußball-Bund, fédération allemande de football) encaisse environ 25,6 millions d'euros auprès de la fédération internationale FIFA (= Fédération Internationale de Football Association) pour le titre de champion du monde : une somme record ! Les joueurs en reçoivent chacun environ 300 000 € de la part de la DFB : une belle prime de vacances, n'est-ce pas ? À titre de comparaison
- 1954 : premier titre allemand de champion du monde en Suisse ; le « Miracle de Berne ». Chaque joueur allemand reçoit une prime de 2 500 marks allemands, un téléviseur, une valise en cuir et un scooter.
- 1974 : deuxième titre allemand de champion du monde en Allemagne. Chaque joueur allemand reçoit 70 000 marks allemands et une Coccinelle VW.
- 1990 : troisième titre allemand de champion du monde en Italie. Chaque joueur allemand reçoit 125 000 marks allemands.
Qu'en est-il de la fiscalité des sportifs professionnels ? Les footballeurs comptent parmi les « sportifs collectifs » et sont, sur le plan fiscal, assimilés à des salariés ; ils sont donc salariés de leur club et perçoivent en principe des revenus d'activité salariée. Les revenus courants sont ainsi soumis à la retenue à la source classique de l'impôt sur les salaires (« Lohnsteuerkarte »). La prime perçue pour le titre de champion du monde, versée aux joueurs par la DFB, doit selon nous être traitée comme un « salaire versé par un tiers » et serait donc également soumise à la retenue à la source (= revenus d'activité salariée), car les versements effectués à ce titre par la fédération aux joueurs relèvent du salaire perçu dans le cadre de la relation de travail existant avec le club. Le contrat de travail comprend toutefois souvent aussi la commercialisation des droits de la personnalité du joueur. Les joueurs de l'équipe nationale sont régulièrement « prêtés » à la fédération. À quelle catégorie appartiennent alors, chez les joueurs internationaux, les revenus tirés de la commercialisation (= par exemple le port de maillots publicitaires, etc.) auprès de la fédération et de l'équipe nationale ? Le BFH a jugé (BFH du 22.02.2012, X R 14/10) que les revenus d'un joueur international issus de prestations publicitaires fournies dans le cadre de contrats conclus avec la fédération relèvent des revenus commerciaux. Le joueur perçoit donc à ce titre des revenus en qualité d'entrepreneur (= travailleur indépendant), au motif qu'il lui est loisible de conclure ou non l'accord publicitaire, par exemple avec la fédération de football, l'obligation contractuelle de participer aux matchs de l'équipe nationale prévue par le contrat-type de la DFB pour les joueurs de la Bundesliga ne comprenant pas la participation à des prestations publicitaires. Les revenus issus des prestations publicitaires effectuées pour le compte du propre club du joueur sont en revanche traités différemment. Le footballeur étant intégré, sous l'autorité du club, dans les structures de celui-ci, ces revenus relèvent des revenus d'activité salariée perçus dans le cadre de sa relation de travail. Un sujet particulier chez les footballeurs concerne généralement les frais professionnels déductibles, qui sont en règle générale très importants. Plusieurs points méritent une attention particulière, par exemple : la double résidence pour raisons professionnelles, les indemnités forfaitaires de repas, les frais de formation continue, les frais de déplacement, les frais de cours de langues, les frais de candidature, etc. Particularités concernant les joueurs professionnels étrangers Une question de principe doit être tranchée au préalable s'agissant des joueurs étrangers exerçant en Allemagne : à quel État revient le droit d'imposition ? Il convient donc toujours de vérifier d'abord quel État dispose de quel droit d'imposition. L'Allemagne a conclu avec de nombreux pays une « convention de non-double imposition » qui règle l'imposition afin d'éviter une double taxation des revenus. De nombreux pays ont par exemple convenu que les revenus sont imposés par l'État dans lequel le footballeur exerce son activité : le « lieu d'exercice de l'activité » est donc en règle générale déterminant. Conclusion sur la fiscalité des joueurs internationaux Bien que les joueurs perçoivent en apparence des « revenus tout à fait classiques » en qualité de salariés, ils peuvent parallèlement devenir entrepreneurs. La déclaration personnelle d'impôt sur le revenu des professionnels peut représenter un travail considérable, dès lors qu'il convient d'exploiter l'ensemble des possibilités légales en examinant individuellement chaque poste de frais afin de le faire valoir dans la déclaration.
Questions fréquentes
Questions fréquentes
Quelle catégorie de revenus les footballeurs professionnels tirent-ils de leur activité au sein du club ?
Sur le plan fiscal, les footballeurs professionnels pratiquant un sport collectif sont considérés comme des salariés de leur club. Leurs rémunérations courantes constituent donc des revenus d'activité salariée et sont soumises à la retenue à la source classique sur les salaires. Les recettes publicitaires perçues dans le cadre de la relation de travail avec le club employeur relèvent également du salaire, en raison du lien de subordination.
Comment qualifier fiscalement une prime de Coupe du monde versée par la DFB aux joueurs de l'équipe nationale ?
Selon l'opinion dominante, la prime de Coupe du monde versée par la DFB aux joueurs est à traiter comme un salaire provenant d'un tiers. Elle relève ainsi des revenus d'activité salariée et est soumise à la retenue à la source sur les salaires, car elle est attribuée dans le cadre de la relation de travail existante avec le club.
Comment sont imposés les revenus publicitaires d'un joueur de l'équipe nationale issus de contrats avec la DFB ?
Selon l'arrêt du BFH du 22.02.2012 (X R 14/10), les revenus publicitaires d'un joueur de l'équipe nationale provenant de contrats avec la fédération relèvent des revenus commerciaux. Le joueur perçoit donc ces revenus de manière indépendante en tant qu'entrepreneur, car l'obligation contractuelle de participer aux matchs internationaux n'inclut pas celle de fournir des prestations publicitaires.
Quels frais professionnels déductibles sont particulièrement pertinents pour les footballeurs professionnels ?
Pour les footballeurs professionnels, il convient notamment d'examiner la double résidence (doppelte Haushaltsführung), les frais supplémentaires de repas, les frais de déplacement, les frais de formation continue, les cours de langue et les frais de candidature. Ces dépenses sont souvent considérables et doivent être déterminées et déclarées individuellement dans le cadre de la déclaration d'impôt sur le revenu.
À quel État revient le droit d'imposition des sportifs professionnels étrangers en Allemagne ?
Pour les professionnels étrangers, il convient d'abord de vérifier, sur la base de la convention de double imposition applicable, à quel État revient le droit d'imposition. De nombreuses conventions prévoient que les revenus sont imposés au lieu d'exercice de l'activité, de sorte qu'en cas d'intervention en Allemagne, le droit d'imposition revient en règle générale à l'Allemagne.