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Attention aux transferts de patrimoine depuis des comptes individuels entre époux : le BFH confirme l'assujettissement aux droits de donation

Faits : un époux a transféré son patrimoine de son compte individuel / dépôt-titres individuel auprès d'une banque suisse à son épouse. L'administration fiscale a qualifié cette opération de libéralité de l'époux envers son épouse =

1 min de lectureMis à jour : 2016-10-19Recommandé

Faits :

Un époux a transféré son patrimoine depuis son compte individuel / dépôt-titres individuel détenu auprès d'une banque suisse à son épouse.

L'administration fiscale a qualifié cette opération de libéralité de l'époux envers son épouse = donation, et a soumis cette dernière aux droits de donation.

Toutefois, du point de vue de l'épouse, la moitié du patrimoine lui appartenait déjà avant le transfert et elle estimait n'avoir été enrichie qu'à hauteur de la moitié du patrimoine. L'épouse a introduit un recours — sans succès.

Position du Bundesfinanzhof (BFH) :

Le BFH a confirmé le rejet du recours par arrêt du 29.06.2016 (AZ II R 41/14).

Une libéralité entre époux soumise aux droits de donation existe donc également lorsqu'un époux transfère le solde de son compte individuel ou de son dépôt-titres individuel à l'autre époux, à moins que l'époux bénéficiaire du transfert ne puisse démontrer que la moitié du patrimoine lui était déjà imputable avant le transfert.

Selon le BFH, l'époux gratifié, en l'espèce l'épouse, supporte la charge de la preuve des faits qui s'opposent à la qualification de libéralité. Il en va de même pour les circonstances censées établir que les avoirs reçus à titre gratuit depuis le compte individuel de l'autre époux lui étaient déjà imputables, en tout ou partie, dans les rapports internes avant le transfert.

L'arrêt concerne les comptes individuels, et non les comptes joints :

La décision du BFH porte sur les comptes individuels ; les comptes joints des époux ne sont pas concernés. Les procurations sur des comptes individuels sont également sans incidence pour l'appréciation au regard des droits de donation.

Questions fréquentes

Questions fréquentes

  • Le transfert d'un compte individuel vers le conjoint est-il soumis à l'impôt sur les donations ?

    Oui, selon l'arrêt du BFH du 29.06.2016 (II R 41/14), le transfert de patrimoine du compte individuel ou du dépôt-titres individuel d'un conjoint vers l'autre conjoint constitue en principe une libéralité et est soumis à l'impôt sur les donations. Cela s'applique également lorsque les conjoints considèrent économiquement le patrimoine comme commun.

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  • À qui incombe la charge de la preuve qu'il n'y a pas de donation entre époux ?

    La charge de la preuve incombe à l'époux bénéficiaire, c'est-à-dire celui sur le compte duquel le patrimoine a été transféré. Il doit démontrer que les fonds lui étaient déjà attribuables, en tout ou partie, dans les rapports internes avant le transfert. À défaut d'une telle preuve, la totalité du transfert est considérée comme une donation.

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  • L'obligation au titre des droits de donation s'applique-t-elle également aux comptes joints d'époux ?

    Non, l'arrêt du BFH concerne exclusivement les comptes individuels et les dépôts-titres individuels. Les comptes joints des époux ne sont pas visés par cette jurisprudence et font l'objet d'une appréciation différente au regard des droits de donation.

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  • Une procuration bancaire joue-t-elle un rôle dans l'appréciation au regard des droits de donation d'un compte individuel ?

    Non, les procurations bancaires sur des comptes individuels sont sans incidence pour l'appréciation au regard des droits de donation. La seule procuration sur le compte du conjoint ne fonde aucune cotitularité économique du patrimoine.

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  • Comment un époux peut-il prouver qu'une partie du patrimoine lui appartenait déjà avant le transfert ?

    L'époux gratifié doit démontrer, à l'aide de justificatifs et de circonstances vérifiables, que l'avoir lui revenait en tout ou partie dans la relation interne, par exemple par la preuve de l'origine de ses propres versements ou par des accords clairs. À défaut de tels justificatifs, le Finanzamt présume une libéralité intégrale.

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